09/09/2007

20. Fragments; dénominateur commun (en voilà un post bien adolescent par exemple, mais que voulez vous)



Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket
Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket
Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket
Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket

La cave de l'International Hotel de Londres - à l'épreuve de la bombe A, mais pas de la bombe H ; des retombées, mais pas d'un coup direct - suffisamment solide pour donner satisfaction à une clientèle riche qui exigeait la sécurité en même temps que le confort - suffisamment, visiblement blindée pour inspirer confiance, mais pas pour assurer la protection - personne, rien ne pouvait protéger rien ni personne - la cave de l'International de Londres, par son architecture, son calfeutrage et son bétonnage, réunissait les conditions idéales de volume, d'insonorisation et de laideur idéale pour devenir un "shaker".
C'était ainsi que l'on nommait les salles de plus en plus vastes où se réunissaient les jeunes gens et les jeunes filles de tous les degrés de classe, de richesse, et d'esprit, pour s'y livrer en commun à des danses frénétiques.
Ils et elles, poussés par leur instinct vers une nouvelle naissance, s'enfermaient, avant l'expulsion, dans des matrices chaudes et demi-obscures où, secoués par des pulsations sonores, ils perdaient les derniers fragments de préjugés et de conventions qui leur collaient encore par-ci par-là aux articulations, au sexe ou à la cervelle.
La cave de l'International de Londres était le plus vaste shaker d'Europe. Et un des plus chauds.
Six mille garçons et filles. Un seul orchestre, mais douze haut-parleurs ioniques sans membrane qui faisaient vibrer en bloc l'air de la cave comme l'intérieur d'un saxo-ténor. Et Yuni, le parton, le meneur, le coq de Londres, 16 ans, cheveux ras, lunettes épaisses comme des sucres, un oeil de travers, l'autre exorbité. Yuni qui avait décidé le conseil d'administration de l'hôtel et loué la cave. Pas une note ne parvenait jusqu'à la clientèle qui se nourrissait ou dormait dans les étages. Mais elle descendait parfois se faire secouer la tripe et remontait émerveillée - et épouvantée - par le spectacle de cette jeunesse à l'état de matière première en bouillante gestation. Yuni debout devant le clavier de la sono, dans la chaire d'aluminium accrochée au mur au dessus de l'orchestre, une oreille cachée par un énorme écouteur en chou-fleur, écoutait tous les orchestres de l'éther, et, quand il en trouvait un qui brûlait, le branchait sur les haut-parleurs à la place de l'orchestre. Les yeux fermés, il écoutait. D'une oreille le bruit énorme de la cave, de l'autre trois mesures, vingt mesures, deux mesures cueillies dans l'insaisissable. De temps en temps, sans ouvrir l'oeil, il poussait un cri aigu et long, qui grésillait sur le bruit de fond comme du vinaigre sur une poêle à frire.


Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket
Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket
Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket
Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket

Crédit texte R. Barjavel, La Nuit des Temps
Crédits photo dans le désordre, bullochon, jinnwoo, abraxaslove, folkisdead, tout ça ".deviantart.com" +inconnus.


Il semblerait que j'ai légèrement envie de vivre, ce soir.

10 commentaires:

e a dit…

bien sur je lirais quand j'aurais arreté d'avoir mal a la tete (acrobaties oblige) et au ventre (wtf ?) cela dit la derniere phrase me pousse a la reflexion suivante : si a la lecture de cela j'ai egalement envie de vivre, jte demonte (l)

Automatic. a dit…

J'ai lu, j'ai adoré. Comment ne pas aimé. La Nuit des Temps et ce Yuni. J'aime la dernière photo. J'ai juste vu le baisé au début, et la grille et puis j'ai vu Pete. Et là j'ai trouvé ça beau. Parce que c'est beau. Et parce que mine de rien il n'y a que lui qui pourrai faire ça.

honeyrock a dit…

La dernière photo fait autant rêver que 'La nuit des temps'. Que j'ai bien bien envie de relire d'ailleurs.

dissolved girl a dit…

Bon ben comme prévu je renie à moitié cet article, c'était dimanche soir, j'avais la baisse de moral inside, tout ça. Enfin je renie ma dernière phrase pathétique seulement.

La dernière photo m'obsède aussi -_-

cornichon a dit…

Les photos, le texte tout s'accorde en beauté! Chaque élément à son grain ...de folie. Certaine sont même assez délirantes.Ca donne envie de relire Barjavel qui ne m'avait pas trop plu à l'époque mais je crois que je vais le ressortir du bordel qu'est ma blibliothèque ;)

Camille a dit…

Bordel, pourquoi j'arrive pas à poster de comm sur ton p***** de nouveau blog!
Ca fait au moins 10 fois que j'essaye (au bas mot) AND IT DOES NOT WORK.
J'ai changé d'adresse msn, maintenant c'est camille.lopes@hotmail.com
Add me! :D

Bisouuu

t' a dit…

http://fr.youtube.com/watch?v=G1G28NWjhL8
allez tu connaissais pas c'est pour ça
michelle citronelle

nonm a dit…

t'as remarqué le jeu avec mon pseudo jpeux en faire plein regarde

Jérôme.K a dit…

Textes agréables à lire, jolies photos et le blog est très chouette.
En attendant la suite!

Hans Killed Wildcat a dit…

non mais j'ai pas encore lu l'article, t'as été drolement créative ces derniers jours!! tu penses pas au hans en faisant des trucs comme ça! N'empeche que ces photos là bah elles sont magnifiques et que ça m'éclate les yeux de beauté. BREF je suis heureuse de revenir ici. ça fait du bien à mes yeux.